Conciliation médicamenteuse et certification HAS



Depuis le 6e cycle de certification, la conciliation médicamenteuse n’est plus une démarche volontaire réservée aux établissements les plus avancés. Le critère 2.1-04 du référentiel de la Haute Autorité de santé est devenu un critère standard, applicable à tout établissement de santé. Cette page explique ce qu’il demande concrètement, et ce qu’il ne demande pas.

Ce que demande le critère 2.1-04

Le critère porte sur la réalisation de la conciliation médicamenteuse pour des populations ciblées. Deux éléments méritent d’être soulignés, car ils sont souvent mal compris.

Le premier est son changement de statut. Dans la version précédente du référentiel, ce critère était classé « avancé » : un établissement pouvait obtenir une certification satisfaisante sans le remplir. Il est désormais standard, ce qui change la nature de l’exigence.

Le second est la notion de population ciblée. Le référentiel ne demande pas de concilier tous les patients, ni même tous les patients des secteurs à risque. Il demande que l’établissement définisse ses propres critères de ciblage, les formalise, et démontre que la conciliation est effectivement réalisée pour cette population.

Quelles populations cibler

Le choix appartient à l’établissement, qui doit pouvoir le justifier au regard de sa patientèle et de son activité. Les critères le plus souvent retenus combinent :

  • l’âge, fréquemment les patients de 65 ans et plus ;
  • le nombre de médicaments du traitement habituel, souvent à partir de cinq molécules ;
  • la présence de pathologies chroniques ou de médicaments à marge thérapeutique étroite ;
  • certains services ou parcours jugés plus à risque, comme la gériatrie, la post-urgence ou l’oncologie.

Un ciblage trop large expose à ne pas tenir l’engagement faute de temps pharmacien. Un ciblage trop étroit se défend mal devant les experts-visiteurs. L’enjeu est de retenir une définition tenable et documentée, puis de la faire vivre.

Les étapes d’une conciliation médicamenteuse

La méthode est stabilisée depuis le guide publié par la HAS en 2018. Elle repose sur quatre temps.

Le recueil des sources. Le bilan médicamenteux optimisé se construit à partir d’au moins trois sources différentes : entretien avec le patient ou son entourage, contact avec l’officine référente, ordonnances antérieures, dossier du médecin traitant. La qualité du bilan dépend directement du nombre et de la fiabilité de ces sources.

La comparaison. Le bilan est confronté à la prescription hospitalière en cours. Cette confrontation fait apparaître les écarts.

Le traitement des divergences. Les écarts se répartissent entre divergences intentionnelles, voulues par le prescripteur, et divergences non intentionnelles, qui relèvent de l’erreur. Ces dernières doivent être signalées au prescripteur et corrigées, et la correction tracée.

La transmission. À la sortie, l’information consolidée est transmise aux professionnels qui prennent le relais, pharmacien d’officine et médecin traitant, et au patient sous une forme qu’il peut comprendre.

Ce que regarde la visite de certification

Les experts-visiteurs s’intéressent moins à l’existence d’une procédure qu’à sa réalité. Il est donc utile de pouvoir présenter, sans reconstitution de dernière minute :

  • la définition écrite des populations ciblées et sa justification ;
  • le volume de conciliations réalisées sur la période, rapporté à la population cible ;
  • le nombre de divergences non intentionnelles identifiées et corrigées ;
  • la traçabilité des échanges avec les prescripteurs et avec la ville ;
  • les documents effectivement remis au patient à sa sortie.

C’est généralement sur ce dernier point que les démarches informelles montrent leurs limites. Une conciliation menée par téléphone et consignée dans un tableur produit un travail réel, mais difficile à objectiver un an plus tard.

Outiller la démarche

La conciliation médicamenteuse ne demande pas d’outil particulier pour exister. Elle en demande un pour tenir dans la durée, se mesurer et se prouver.

HospiVille couvre les quatre étapes décrites plus haut : recueil multi-sources avec sollicitation de l’officine référente, bilan médicamenteux optimisé, identification et traçabilité des divergences, plan de prise pour le patient et transmission à la ville. Les indicateurs attendus lors de la visite sont produits par la plateforme, sans ressaisie.

Pour aller plus loin