Le plan pharmaceutique personnalisé : ce qu’il est et quand le déclencher



Le plan pharmaceutique personnalisé est l’une des cinq actions de pharmacie clinique que le code de la santé publique énumère, et sans doute la moins bien comprise. On le confond souvent avec le bilan de médication, dont il est pourtant la suite et non le synonyme.

Cette page précise ce qu’il est, à quelle condition il peut être réalisé, et ce qu’il change dans un parcours.

Une action inscrite au code de la santé publique

L’article R. 5126-10 range parmi les actions de pharmacie clinique « l’élaboration de plans pharmaceutiques personnalisés en collaboration avec les autres membres de l’équipe de soins, le patient, et, le cas échéant, son entourage ».

La formulation mérite qu’on s’y arrête. Le texte ne dit pas que le pharmacien élabore un plan pour le patient, mais avec lui et avec l’équipe. Un plan rédigé seul au bureau de la pharmacie, puis transmis, ne répond pas à la définition.

Ce qu’il est, et ce qu’il n’est pas

Le bilan de médication est une analyse critique structurée de l’ensemble des traitements du patient. Il produit un constat et identifie les problèmes.

Le plan pharmaceutique personnalisé est ce qui vient après : un projet de suivi thérapeutique individualisé, qui définit des actions ciblées, les met en œuvre et les évalue, tout au long du parcours de soins. Il porte sur l’efficacité du traitement, sa tolérance et l’adhésion du patient.

La différence est celle qui sépare un diagnostic d’un protocole de suivi. Le premier dit ce qui ne va pas, le second organise ce qu’on va faire et comment on saura si cela fonctionne.

Quand le déclencher

Le modèle de pharmacie clinique de la Société française de pharmacie clinique pose une condition nette : un plan pharmaceutique personnalisé se réalise à l’issue d’un bilan de médication, ou sur demande du service de soins, auquel cas un bilan préalable reste requis.

Autrement dit, le bilan sert aussi à trier. Il identifie, parmi les patients analysés, ceux dont la situation justifie un suivi structuré dans la durée. Tous n’en relèvent pas, et vouloir établir un plan pour chacun épuise le temps pharmacien sans bénéfice démontré.

Les situations qui le justifient le plus souvent combinent plusieurs facteurs : polymédication, traitement à marge thérapeutique étroite, pathologie chronique récemment déséquilibrée, difficultés d’observance connues, ou encore sortie d’hospitalisation avec modification substantielle du traitement habituel.

Ce qu’il contient

Un plan utilisable tient en quelques éléments, tous nécessaires :

  • les objectifs thérapeutiques retenus, formulés de façon vérifiable ;
  • les actions décidées et le professionnel responsable de chacune ;
  • les points de surveillance, cliniques ou biologiques, et leur fréquence ;
  • ce qui est attendu du patient, dans des termes qu’il comprend ;
  • les échéances de réévaluation, et ce qui doit déclencher une réévaluation anticipée.

Sans la dernière ligne, le plan devient un document d’archive. C’est l’erreur la plus courante.

Deux usages observés sur le terrain

Le plan pharmaceutique personnalisé s’emploie aussi bien dans un suivi de droit commun que dans des parcours organisés.

Dans le cadre du projet IATROPREV 2, mené en Bretagne et dans les Pays de la Loire, il sert la prévention de l’iatrogénie médicamenteuse chez des patients identifiés comme à risque.

Dans le parcours Oncolink, il structure le suivi des patients sous thérapies orales anticancéreuses, où l’observance et la gestion des effets indésirables se jouent au domicile, loin de l’équipe hospitalière. Le centre hospitalier de Cornouaille conduit ce parcours depuis janvier 2026 sur un module dédié, après l’avoir longtemps mené par courriels et par télécopie.

Outiller la démarche

HospiVille permet d’élaborer et de suivre des plans pharmaceutiques personnalisés, en lien avec le bilan de médication qui les précède et avec les professionnels de ville qui participent au suivi. Le module s’utilise indépendamment des projets évoqués plus haut.

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