Bilan partagé de médication et entretiens pharmaceutiques en officine



Le bilan partagé de médication et les entretiens pharmaceutiques sont entrés dans l’exercice officinal par la voie conventionnelle. Ce sont des actes à part entière, avec des conditions d’éligibilité précises et une méthode attendue. Ce qui manque le plus souvent n’est ni la compétence ni la volonté, mais le temps et l’outil pour tracer ce qui a été fait.

Cette page rappelle le cadre, puis traite un point rarement abordé : l’articulation avec l’hôpital, qui sollicite les mêmes officines pour d’autres motifs.

Qui est éligible au bilan partagé de médication

Trois conditions se cumulent. Le patient a plus de 65 ans, il souffre d’une ou plusieurs maladies chroniques, et il prend au moins cinq molécules ou principes actifs prescrits pour une durée supérieure ou égale à six mois.

Les résidents en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ne relèvent pas du bilan partagé classique, puisqu’ils ne gèrent pas eux-mêmes leur traitement. Une version adaptée existe pour eux.

Une précision utile pour le ciblage : la condition d’affection de longue durée qui figurait dans les premiers textes conventionnels a été levée. Le critère déterminant est le nombre de molécules et la durée de prescription, pas le statut administratif du patient.

Les cinq temps de l’accompagnement

La démarche attendue par l’Assurance Maladie se déroule en cinq étapes, et c’est leur enchaînement qui fait l’accompagnement, pas le seul entretien initial.

  • un entretien de recueil des traitements, qui peut s’appuyer sur le dossier médical partagé ;
  • l’analyse des traitements, dont les conclusions sont transmises au médecin traitant puis enregistrées dans le dossier médical partagé ;
  • un entretien-conseil au cours duquel les conclusions sont présentées au patient, avec remise d’un plan d’accompagnement ;
  • des entretiens de suivi de l’observance ;
  • un bilan des entretiens réalisés.

Deux de ces étapes supposent une transmission vers un tiers, le médecin traitant et le dossier médical partagé. C’est là que les démarches tenues sur un cahier ou un tableur s’essoufflent : le travail est fait, mais il reste dans l’officine.

Les entretiens pharmaceutiques

Distincts du bilan partagé, les entretiens pharmaceutiques portent sur des traitements à risque ou nécessitant une technique d’administration particulière, les anticoagulants oraux et les corticoïdes inhalés dans l’asthme en étant les exemples les plus anciens. Chacun répond à un référentiel propre et à une périodicité définie.

Ils partagent avec le bilan de médication la même exigence pratique : être réalisés, et pouvoir être retrouvés. Un entretien non tracé n’existe ni pour le patient, ni pour le médecin, ni pour la rémunération.

Le point aveugle : l’articulation avec l’hôpital

Une officine est sollicitée par l’hôpital dans deux situations, et elle ne les relie presque jamais.

À l’entrée du patient, la pharmacie hospitalière lui demande l’historique des traitements pour construire le bilan médicamenteux optimisé de sa conciliation médicamenteuse. L’officine fournit une information et n’entend généralement plus parler du dossier.

À la sortie, le traitement a souvent changé, parfois substantiellement. C’est précisément le moment où un bilan partagé de médication prend tout son sens, puisque le patient rentre avec une ordonnance modifiée qu’il doit comprendre et suivre. Or l’officine découvre ces changements au comptoir, sans contexte.

Relier ces deux moments ne demande pas un dispositif nouveau. Il suffit que l’information circule dans les deux sens sur le même support, au lieu de repartir à zéro à chaque étape du parcours.

Outiller la démarche

HospiVille comporte un module destiné aux officines, qui couvre les bilans partagés de médication, les entretiens pharmaceutiques et les plans de prise remis au patient. L’officine y accède par un abonnement propre, rattaché à son FINESS et souscrit par le pharmacien titulaire.

L’intérêt tient à ce qui précède : c’est la plateforme sur laquelle les établissements sollicitent déjà les officines pour leurs conciliations. Une officine qui l’utilise pour ses propres bilans se trouve donc du même côté que l’hôpital qui lui écrit, avec l’historique des échanges sous la main.

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